Blog Personnel

Visions lointaines

Wednesday, October 24, 2007

5 minutes pour activer ses neurones

Hier soir, l’opération très médiatique destinée à éteindre ses lumières pendant 5mn a connu un succès relatif (baisse constatée de 0,9%). Bien que défendant très régulièrement des positions écologiques, j’ai eu un peu de mal à m’enthousiasmer pour cette opération.

D’abord parce qu’éteindre sa lumière ou sa télé 5mn avant le 20h et pendant les pubs, cela a objectivement une utilité plus que limitée en matière d’économie d’énergie. Certes c’est symbolique, mais autant qu’accrocher un pin’s au revers de sa veste.

Un des buts était semble-t-il de sensibiliser le gouvernement. En pleine discussion depuis plusieurs semaines, on imagine mal que ce même gouvernement ne soit pas sensibilisé sur le sujet, et au regard de ce qui a été répercuté par les médias, j’ai plus l’impression que le but était de sensibiliser les Français sur le fait que l’Elysée et la mairie de Paris étaient écolos (Mussolini laissait allumé la lumière de son bureau pour faire croire qu’il travaillait, l’Elysée l’a éteint pour faire croire qu’il faisait quelque chose…).

Et puis, j’ai eu quelques doutes sur la motivation de l’appel des ONG pour cette opération. Quel était le fond idéologique ? Etait-ce un appel à changer notre modèle énergétique ? Non. Etait-ce un appel à la responsabilité individuelle ? Pas franchement. J’ai plutôt eu l’impression d’avoir un discours de malthusiens prônant un nébuleux retour à un passé supposé meilleur sur fond de diminution de croissance économique. Si c’est bien le cas, cette position est idiote, voire dangereuse pour notre société et la planète. Oui, notre modèle économique a un gros problème car il est énergivore et polluant. Mais non, la décroissance ne résoudrait pas le problème. Si on se donne l’image d’un PIB assimilable à une énergie transformant la société, le fait de diminuer l’énergie disponible permettrait (peut-être) de diminuer le problème, en aucun cas de le résoudre. La vraie solution est d’utiliser cette énergie pour transformer la société dans le bon sens, c’est à dire vers une organisation moins énergivore, avec de meilleures technologies, en diminuant la pression sur les écosystèmes. Mais nous partons de tellement loin que nous avons besoin d’une forte croissance pour avoir assez d’énergie de transformation disponible, pas le contraire !

En tout cas, hier soir, si j’ai éteint ma télé pendant quelques minutes, c’était pour remplacer ma rallonge électrique par une autre disposant d’un interrupteur, ce qui me permet désormais de ne plus avoir mon lecteur de DVD et ma freeboxTV en veille permanente. Investissement de 4 euros avec un niveau limité de pollution pour produire la rallonge et un retour sur investissement qui ne souffrira d’aucune contestation. La bonne énergie, c’est d’abord celle de nos neurones.

posté par Bloggy Bag à 11:00 am  

Tuesday, April 17, 2007

Sondocratie Underground

Pour le premier tour de scrutin de la présidentielle du 22 avril 2007, j’ai décidé de faire mieux que les autres en matière de résultats : je vais vous donner un sondage sorti des urnes avant même que le premier votant ne se soit levé !

Eh oui, plus fort que Morandini ou Birenbaum qui ont décidé de publier des estimations dès qu’il y aura des tendances fiables (donc inversement proportionnelles au carré du logarithme du pifomètre).
Plus fort aussi que la traditionnelle fuite Suisse, pas celle des capitaux mais plutôt celle de la presse et des médias de nos voisins:
- La presse suisse
- La radio helvète
- La TSR

Je ne fais donc qu’accélérer le grand débat médiatico-sondagier de cette dernière semaine : faut-il ou pas publier les sondages jusqu’au dernier moment, c’est à dire à la clôture des bureaux de vote ?
Les suisses, non soumis à la loi électorale française, répondent amusés “bien sûr” puisqu’il s’agit de liberté, sinon du devoir d’information qui va de pair avec la démocratie. Une presse libre et sans entrave, voila effectivement un argument de poids, dommage que ce soit en helvétie…
Côté France, cela s’agite sous couvert là aussi de liberté d’information et avec l’argument difficilement parable que du moment que l’on peut avoir l’information ailleurs qu’en France, on voit mal pourquoi seuls certains électeurs, premiers intéressés, en seraient privés !

J’aurais tendance à me ranger du côté du pragmatisme : du moment où l’on ne peut arrêter la diffusion de l’information, information consubstantielle à la démocratie de façon générale, il est idiot de l’interdire. Voire, en l’interdisant, on crée une classe de citoyens qui savent, et une classe qui ne savent pas. Et cela, c’est inégalitaire et anti-démocratique.
Agoravox a d’ailleurs publié un article amusant sur le sujet avec en ligne de fond notre loi électorale qui entraîne une situation d’inconstitutionnalité de l’élection.

Et finalement, le vrai problème des sondages, ne serait-il pas qu’en l’absence de vision politique entraînant l’adhésion des électeurs, on se retrouve face à une absence de raison de voter et que ces mêmes électeurs se rabattent sur un pile ou face faussement argumenté. Face à une vraie réponse à l’urgence des réformes, il n’est nul besoin d’une pile de sondage : un SDF à qui un candidat proposerait enfin un programme volontariste de construction et d’attribution de logements n’ira pas lire dans les sondages pour qui il veut voter. Mais si on lui parle drapeau et mesures fiscales alors il est bien obligé de chercher une trace de vérité dans la mousse des sondages… ou dans un non radical.

Ah oui, au fait, le résultat de mon sondage sorti des urnes pas encore remplies (enfin, j’espère) :
- A. Laguiller : 18,5 % au bénéfice de la « persévérance »
- F. Bayrou : 17% au bénéfice de « il est impossible de se fâcher avec un centriste »
- J. Lepen : 14% au bénéfice de « on m’a diabolisé »
- N. Sarkozy : 13,5% au bénéfice de « décidément, c’est pas possible avec lui »
- M-S. Royal : 13,5% au bénéfice de « c’est une femme et y a kelle ki peut battre Sarko »
- Pour les autres, on cherche les bulletins, résultat final vers 22h dimanche soir.

posté par Bloggy Bag à 11:58 am  

Saturday, September 16, 2006

Vide de sens

J’ai lu à de maintes reprises sur des blogs politiques des commentaires du genre : “les programmes politiques ne servent à rien”, “il faut être naïf pour croire aux idées en politique”, “la vision politique cela n’existe pas”. Il est étrange de constater que ces commentaires définitifs font écho à ceux d’il y a quelques mois qui disaient eux, “la gauche et la droite c’est pareil”, “non à la pensée unique”, “ils gouvernent au jour le jour”. J’ai beaucoup de mal à comprendre comment on peut à la fois être aussi inconstant et incohérent.

Est-ce la faute à une offre insuffisante ? Je ne le crois pas car des hommes politiques tels que F. Bayrou ou D. Strauss-Kahn (pour ne citer qu’un exemple droite / gauche) montrent qu’ils ont des convictions appuyées par une analyse transfomée en vision politique. Tout citoyen pourrait donc juger en fonction de ses convictions et aspirations lequel est le plus porteur de ses espoirs, lequel répond le mieux aux critiques qu’il formulait il y a quelques mois. Mais cela ne se passe pas ainsi. De tels candidats bénéficient généralement d’un certain respect (chose rare en politique), mais le citoyen du café du commerce semble basculer dans un état second stimulé par l’agitation médiatique. On commente la sortie du bain de mer de celui-ci, la couleur du maillot de bain de celle-la, du coup de pagaie de tel autre, du passage chez le disquaire de ce dernier, et l’on s’entredéchire allègrement à coup d’arguments vaporeux sur son président idéal, icône merveilleuse chargée de terrasser les faux dieux représentés par les “autres”. Le plus petit incident, aussi banal soit-il, devient alors la source d’un débat enflammé ou peu de citoyens reculent devant un argument qui en d’autres circonstances serait l’objet d’un éclat de rire salvateur. La bataille devient à la fois crutiale et menée sur du vent.

posté par Bloggy Bag à 5:10 pm  

Saturday, May 20, 2006

ClearStream : flux opaque dans une micro-galaxie agonisante

Que dire qui n’ait pas été déjà dit sur cette affaire consternante ?
Chaque jour voit apparaître une nouvelle page à ce feuilleton, mais finalement, on ne sait pas grand chose de plus que ce que nous savions au tout début ; il existe une formidable machine de blanchiment d’argent qui ne semble pas devoir être inquiétée par quiconque et, les élections présidentielles approchant, cela est devenu une merveilleuse opportunité de générer une affaire de manipulation politique contre les prétendants gênants.
Difficile de savoir qui manipule qui d’ailleurs, et je me contenterai de constater que certains en tirent ou pensent en tirer profit, alors que d’autres ne peuvent que se demander ce qu’il font dans cette galère. Mon mépris ira aux premiers et, au nom d’une certaine idée de la probité, mon soutiens aux seconds car je refuse l’idée détestable du “de toute façon ils sont tous pourris et il n’y a pas de fumée sans feu”.
Je ne suis pas naïf, mais je veux croire à la justice et à la probité en politique aussi.

Mais au-delà de l’actualité plus ou moins immédiate, j’y vois, une fois de plus, le symptôme d’un dysfonctionnement structurel de la république et du système d’équilibrage des pouvoirs. Encore une fois, nous pataugeons dans la mélasse de l’énarquie (au gouvernent certes, mais aussi du côté industriel et très probablement des réseaux d’influence).
L’ENA, en tant qu’école de pensée, était censée alimenter le personnel chargé de l’entretien et du fonctionnement des rouages de l’état, ce qui est logique et bon. Par un péché originel (M-F Garaud situe cela en 1974 avec l’arrivée de V. Giscard d’Estaing), ces personnes sont sorties de leur condition “d’honnêtes et médiocres serviteurs de l’état” pour accéder au monde grisant du pouvoir et des projecteurs. Et ceci s’est fait de façon hégémonique, sans contre-pouvoir ou garde-fou. Aujourd’hui, formant l’aristocratie républicaine, cette école de pensée contrôle l’état, le pouvoir exécutif (qui lui-même a phagocyté le judiciaire et “godillotisé” le législatif), les médias (par son antichambre qu’est sciences-po), et s’est étendue au gouvernement des grandes sociétés françaises.
Ceci aurait pu être bénéfique si les hommes et les femmes de cette castes étaient restés d’humbles serviteurs de la nation et si nous n’avions eu besoin que de gérer ou d’optimiser l’existant, mais cette lamentable affaire ClearStream illustre avec fracas l’impossibilité de ne pas péter les plombs lorsque l’on dispose de tous les pouvoirs et qu’aucun censeur n’est là pour vous rappeler à l’ordre, voire vous mettre sur la touche. Qui plus est, la situation générale du pays exige la mise en œuvre de mutations structurelles très importantes : gérer l’existant et totalement insuffisant.

On sortira sans doute de l’opacité politique autour de ClearStream, mais j’ai peu d’espoir pour le volet financier. Quant au fonctionnement de l’état et des grandes sociétés françaises, j’ai beaucoup de mal à croire à la possibilité de réformes structurelles et encore plus à leur efficacité. Louis XVI était très probablement un type honnête et instruit, mais il a été indispensable de le raccourcir pour faire comprendre à l’aristocratie de l’époque que les choses ne pouvaient pas continuer en l’état.
Si quelqu’un connaît une façon moins radicale de procéder, il serait bon qu’il s’exprime avant que le bon peuple ne s’amuse plus de la situation.

posté par Bloggy Bag à 2:11 pm  

Monday, March 13, 2006

Maintenant que je suis président : conclusion

Ce “blogramme présidentiel” a été abordé (trop rapidement) sous les trois angles : choix de société, mouvement et verrou,menaces et ruptures. Ceci est en apparence loin des habituelles et interminables discussions sur le chômage, l’insécurité, le modèle français, l’école, etc… Pourquoi ce choix ?
D’abord pour éviter les positions de principe définitives ; a force de rabâchages, tout un chacun s’est gravé sa solution dans le marbre et rejette tout ce qui n’y ressemble pas de près ou de loin. Attitude au final stérile.
Ensuite parce que si ces questions récurrentes n’ont pas encore trouvées de réponses satisfaisantes, cela peut être pour trois raisons :
1) tous ceux qui se sont attelés à la tâche sont des idiots
2) ces problèmes n’ont pas de réponses
3) ces questions n’étant pas les bonnes, elles ne peuvent trouver de solution.
Croyant philosophiquement à l’intelligence de mes semblables et étant d’une nature relativement optimiste, j’opte pour la dernière proposition et c’est pourquoi j’ai cherché un éclairage d’une autre nature.
Chômage, insécurité, modèle, école, sont tout à fait liés aux éléments proposés ici, mais comme éléments intermédiaires, le but à atteindre étant au-delà des contingences immédiates. Le présent et l’immédiat doivent être délégués au gouvernement, le capitaine président lui ayant la charge de l’objectif du voyage et de la solidité de la structure du navire.
Il faut en finir avec ces pathétiques scènes de Hamlet entre petits marquis, reprendre de la hauteur, regagner le prestige d’une nation qui fut grande et doit le redevenir par ses qualités et son énergie.

posté par Bloggy Bag à 6:35 pm  

Saturday, March 11, 2006

Quand je serai président : une ébauche de programme, partie II

Mouvement et Verrous : l’expérience du recuit simulé

La mise en mouvement d’une société verrouillée est un vrai défi : elle ne peux se faire que par l’adhésion des citoyens qui sont a priori contre toute évolution. Contrainte supplémentaire, ce conflit entre nécessité et volonté ne doit pas se régler à travers les soubresauts violents dont nous sommes coutumiers. Puisque nous ne pouvons ni réformer suffisamment l’existant, ni le brûler, il me semble préférable de construire en parallèle de l’existant une société redynamisée, en prenant garde toutefois de le faire de façon positive pour tous, et à travers l’adhésion libre des citoyens qui en ont la volonté et l’énergie. Si l’expérience réussi, elle entraînera l’adhésion de tous, si elle échoue, l’acquis n’aura pas été détruit.

Le message à passer est le suivant : soyons solidaires des efforts de ceux qui veulent progresser, mais ne détruisons pas l’existant avant d’avoir la certitude du mieux.

En pratique et si l’on prend l’exemple d’un des blocages les plus visibles de notre nation, la mission des services publiques doit systématiquement être redéfinie en fonction des besoins des citoyens : quels services rendent l’éducation nationale, l’armée, la culture, les collectivités territoriales, …, les entreprises publiques, la poste etc ? Clarifier le besoins et les objectifs est un préalable absolu. Pour une entité donnée, soit la redéfinition du besoin constitue une évolution mineure et un accompagnement collectif résoudra simplement le problème, soit il s’agit d’une refonte et dans ce cas, une nouvelle entité doit être bâtie en transférant progressivement les moyens, les compétences et les hommes volontaires.
Le pari étant qu’une fois la volonté collective actée contractuellement et le mouvement amorcée, les dénis définitifs de changement seront l’exception car ils n’auront plus de fondement.
Cette co-évolution n’est pas en elle-même nouvelle et c’est un mécanisme similaire qui a, par exemple, permis de passer “naturellement” les systèmes bancaires nationaux vers des banques aujourd’hui privées. Le but ici est d’ailleurs moins radical que ce passage public / privé : il s’agit de faire évoluer nos services publics avec des moyens adaptés : déverrouiller sans tout brûler.

En dehors de l’administration, la société elle-même doit être mise en mouvement pour recréer un brassage sociologique mais aussi économique. Ceci peut se faire via la création ex nihilo de villages (l’expérience des villes nouvelles a largement montré l’hérésie des grands projets flamboyants et la renaissance actuelle des villages désertés montre bien l’attachement de tous à cette richesse de nos campagnes). La cible prioritaire seraient les citoyens des actuelles banlieues et les objectifs affichés sont :
- rééquilibrer les banlieues en les allégeant d’une partie de leur population (diminution de la pression interne)
- redonner la possibilité d’un choix de vie et d’un nouveau départ à chaque citoyen volontaire
- créer un mouvement migratoire national interne vers des villages sociologiquement et économiquement viables
- recréer des encrages économiques locaux face à une sphère financière incontrôlable (la micro-économie d’un village n’est pas délocalisable)
- redonner accès à l’économie à des personnes aujourd’hui éjectées durablement d’un système qui rejette définitivement tous ceux qui n’ont pas un niveau de connaissance suffisant et accès à la monnaie électronique (transactions boursières en ligne, mais aussi commerce mondiale via e-bay par exemple, ou revenus via AdSens, etc…).
Ce mouvement d’émigration interne suppose un management très fort car il n’existe pas à ma connaissance d’essai de rééquilibrage de la société sur la base de critères de liberté de choix de vie individuel (les populations sont en général poussées à la migration par des contraintes extérieures fortes).

L’espoir est donc de proposer à chacun un avenir collectif meilleur, construit par les plus dynamiques dans le respect de l’existant.
Chacun pourra participer à cet avenir au moment où il se sentira prêt. Les citoyens ne doivent plus être placés dans une situation de verrou et l’évolution de la société ne doit plus être un cassus belli permanent.

posté par Bloggy Bag à 7:47 pm  

Friday, February 17, 2006

Caricature de nos défauts

Il n’aura échappé à personne que quelques dessins publiés peuvent faire couler beaucoup d’encre et encore plus de salive. Que d’emphase et d’envolées tour à tour lyriques, compassées, haineuses ou exaltées ! Et pourquoi tant de bruit et de fureur mon dieu (prennez celui qui vous convient, ou tout un panthéon et même un concept philosophique et athée si cela vous va mieux) ?


Dans ce débat, qui en fait n’en n’est pas franchement un, chacun semble vouloir monter à la tribune pour crier au monde et à la cantonade, sa vérité universelle et inaliénable. Le problème n’est alors pas tant que chacun affirme ses convictions que de nous faire croire qu’il s’agit là d’un échange, et que chacun doit faire un effort pour arriver à un compromis, à un ménagement des susceptibilités, à une hypothétique harmonie tolérante. N’y aurait-il pas là une croyance qui heurte mes propres convictions ?Ces domaines de convictions intimes sont par nature absolus et tranchés, inconciliables ; lorsque l’on se déclare croyant ou non croyant, on ne peut pas l’être à moitié et l’affirmation marquée des convictions d’un camp, heurtera nécessairement celles de l’autre. L’intelligence ne consiste pas ici à argumenter sans fin sa position ou à se confondre en mièvres excuses faussement consensuelles, mais de s’en remettre, en silence, à la loi et à ses principes. Dans nos sociétés, nous avons gagné la liberté de nous exprimer et de publier ce que bon nous semble. Dans nos sociétés, nous avons gagné la liberté de demander des réparations si nous nous sentons victime d’un préjudice. Dans nos sociétés, c’est la loi qui tranche les conflits. Pas les éructations médiatiques.Alors oui, tous ceux qui ont publié des caricatures ont eu raison de le faire. Et oui, tout ceux qui s’estiment blessés par ces caricatures ont raison de demander réparation. Mais tout ceux qui font de l’affaire un sujet d’agitation, de rejet de l’autre et de basse manoeuvre politique, sont à renvoyer dans la basse court des révolutionnaires stériles et des apprentis fascistes.

Je ne prétends pas que notre système républicain, démocratique et laïque soit l’aboutissement ultime des espoirs politiques de toute société, mais la démocratie donne à chacun les moyens de l’expression, avec ses excès possibles, et la laïcité cherche à trouver un équilibre entre croyance et non croyance (la laïcité n’est pas l’expression du camp de l’athéisme comme on cherche trop souvent à nous le faire croire, mais la recherche de l’équilibre du maximum d’expression des convictions de chacun dans le respect de celles de l’autre). En fait, ce qui pêche le plus dans cette affaire, c’est bien la république, trop faible pour rappeler les principes, en partie parce que ses propres dérives passées et présentes ont mis à mal ces mêmes principes, tout particulièrement sur la séparation des pouvoirs et du rôle de la justice.
Si notre république avait été plus saine et plus forte, tout ceci n’aurait eu de véritable retentissement que dans tous ces pays où un gouvernement oppresseur cherche à détourner le regard du peuple, de ses propres insuffisances vers la haine classique de l’étranger. Mais cela n’a pas été le cas. Peut-être n’est-il pas trop tard ?

posté par Bloggy Bag à 10:04 pm  

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