Cet après-midi, on s'est rendu dans le marché aux fleurs, près du pont et de la gare d'Howrah. Toutes ces couleurs, dans tous les sens, et les gens encore plus sympas que nulle part ailleurs, c'était grandiose. Un délice pour les yeux et les narines! Ils nous disaient tous bonjour " salamalekum...alekum salam ", car la plupart sont Musulmans.
Ils donnaient tous des fleurs aux filles, elles croulaient sous les plantes en sortant, c'était génial. On s'est fait escorter pendant tout notre long tour par une meute de gamins et de plus âgés. C'était au bord du Gange. On y trouve des espèces de digues qui s'étendent à perte de vue. Les Indiens s'y rendent pour faire leurs ablutions, pour s'amuser à l'eau. Les saddhus fument le shilom en regardant le Gange suivre son paisible tracé. Tous les rastas babas sont rassemblés au même endroit, autour d'un grand arbre. Ils sont allongés sur le sol, on faisait doucement pour ne pas rompre l'unité et l'équilibre de leur monde ou de leur trip du moment. On s'est posé pour causer à trois hommes et une femme, qui devaient habiter dans le coin. En même pas dix minutes, on s'est retrouvé encerclés d'une foule de 40 Indiens qui avaient accouru des environs. 40, yes! Au moins 40 visages étaient en face de nous, à nous regarder de leurs yeux noirs et perçants, impassibles et doux, curieux et silencieux pour la plupart. Intrigués, aussi. Un peu comme ce genre de situation dans laquelle se retrouve ici au quotidien chaque étranger qui ne semble pas venir du pays. De la curiosité, un étonnement de leur part du fait qu'on a la peau blanche, que les filles ont les cheveux courts ou blonds, qu'elles ne portent pas le sari. Photo de Pascal Mannaerts
Photo de Pascal Mannaerts Une sorte d'admiration et d'émerveillement parfois, comme un enfant resterait bouche bée devant un phénomène qu'il ne comprend pas, ou qu'il ne connaît simplement pas. Ca peut mettre mal à l'aise, lors des premières heures passées sur le sol indien, mais chaque visiteur s'y fait rapidement, et n'en est même plus incommodé. Juste une question de spontanéité: l'Indien ne nous regarde pas du coin de l'œil, comme on le ferait dans nos sociétés occidentales. Il se lâche, ne ressent pas le besoin de passer par quatre chemins. Il ne se rend également pas compte, sans doute, que cela peut mettre mal à l'aise, car il n'a pas à l'esprit la non spontanéité de nos cultures à nous. Et c'est excellent! Ca mène tellement souvent à des situations hilarantes où l'on se retrouve avec une poignée d'admirateurs anonymes qui observent nos faits et gestes, qui écoutent nos paroles, par curiosité de voir un être différent d'eux. Et toujours cette douceur dans leur regard, ce shanti qui rassure, même si on est pas d'emblée habitué à se faire ainsi mater en silence par des inconnus qui restent là devant nous sans bouger! .



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