Etrange de me retrouver à la Salvation army. J'y étais il y a un peu moins de deux ans, avec Mimi, lors de mon premier trip en Inde. Rien n'a vraiment l'air d'avoir changé ici : ni la manière de vivre des gens, ni les lieux, ni la couleur verdâtre des murs, ni la moustache du réceptionniste est toujours la même, et que j'ai même reconnue au premier coup d'œil.
Là tantôt, je suis retourné chez Jojo's, là où on avait pris l'habitude d'aller manger avec Mimi, ici à Calcutta. Ils m'ont de suite reconnu. Le petit monsieur avec sa ligne sur le côté, son grand sourire et son corps tout frêle est toujours le même. Les traits de son visage sont juste un peu plus adultes par rapport à la dernière fois. Ils m'ont fait descendre les escaliers et m'ont emmené dans une petite pièce à l'arrière de la cuisine. Ils ont tiré un gros livre, dans lequel j'ai trouvé cette photo que je leur avais envoyée il y a deux ans. Cette photo qu'on avait prise avec eux et Mimi. Cette photo que j'avais envoyée en plein hiver depuis Bruxelles, alors que j'étais de retour de leur pays, encore en pleine perturbation d'air frais au mental. Ma vie en Europe a entre-temps été tellement autre, tellement ailleurs, et dire que le souvenir de moi et de Mimi leur restait. Photo de Pascal Mannaerts
Ca fait chaud au cœur de voir que l'on peut laisser de tellement beaux souvenirs derrière soi, dans la mémoire des gens. Perdant aussi quelque part, de constater que, tournant sac-à-dos et n'étant inéluctablement que de passage dans tous ces endroits en se faisant ce que les gens appellent communément "globe-trotter ", je les laisse derrière moi, et le plus souvent à tout jamais derrière moi. Une manière de vivre, une manière de voir le monde, ouverte sur un tout, mais tellement solitaire à la fois…La nostalgie qui revient, et le besoin de tirer sur cette cloppe, en guise de réconfort naïf mais efficace. Photo de Pascal Mannaerts




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